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Plusieurs secteurs en proie à des revendications socioprofessionnelles : Les appels à la grève se multiplient

Le pays vit depuis le début de la semaine dans l’incertitude. Les appels à la grève sont nombreux. Les Algériens sont dans l’expectative et les plus pessimistes envisagent une grève générale qui paralysera le pays entier. Après la grève du 18 octobre dernier dans le secteur de l’Education, les syndicats ont appelé à une autre journée de boycott des cours pour hier.
Les magistrats ont surpris tout le monde en observant une grève illimitée depuis dimanche dernier. C’est pratiquement une sorte de grève sauvage que les hommes de loi ont déclenchée au lendemain de l’annonce par le ministère de la Justice d’un vaste mouvement dans le corps des magistrats. Cette décision prise par Belkacem Zeghmati, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, n’est pas faite pour rassurer la corporation. La grève a été suivie par plus de 96% des magistrats. La tutelle a rendu un communiqué pour rappeler aux grévistes que les magistrats sont tenus par le droit de réserve qui leur interdit de recourir à la grève comme moyen de revendication. Le ministre en personne est intervenu pour inviter les magistrats lésés à déposer des recours comme le prévoit la législation professionnelle. Alors que la grève est bien suivie, le Conseil National de la Magistrature (CNM) rend public un communiqué qui accuse directement le ministère de faire cavalier seul. « Nous avons été informés en dernière minute sur le vaste mouvement des magistrats. Nous n’avons pas été consultés avant la mise en œuvre du mouvement », précise le communiqué. Ce document est tombé à point nommé pour encourager les magistrats à durcir leur mouvement. Dimanche en fin d’après-midi, le ministère pond un autre communiqué. Les rédacteurs ont mis l’accent sur le caractère légal du mouvement qui doit toucher 2998 magistrats. Le gel de ces mutations est illégal, selon les termes du document. Les magistrats lésés sont une nouvelle fois invités à se rapprocher du Conseil National de la Magistrature. Les grévistes ont reconduit leur mouvement de protestation. Il semble qu’ils se dirigent vers une grève illimitée.
Les chauffeurs de taxi de la capitale menace de recourir, eux aussi, à la grève. Ils en veulent aux moudjahidine et leurs ayants droit qui ne cessent d’augmenter les prix de la location des licences. Par ailleurs, ils sont très remontés contre les autorités du pays qui ont permis à des entreprises d’exploiter le transport de personnes en recourant à des chauffeurs indépendants. Ils exigent l’arrêt, sinon la mise en place d’un cadre légal, pour les applications ‘voiture avec chauffeur’ (VTC). Ils menacent d’une grève illimitée à partir du 3 novembre prochain.
Hier, lundi, les enseignants ont observé une journée de grève. Le mouvement n’a pas eu l’effet escompté par les syndicats qui ont lancé le boycott des cours. Quelques enseignants ont fait grève, mais le taux de participation paraît plus faible que celui observé le 21 octobre. Les revendications sont pourtant les mêmes : Accorder le même statut à tous les enseignants qui travailleront le même nombre d’heures par semaine. « Les enseignants du primaire activent 30 heures par semaine. C’est fatigant d’autant plus que les enseignants du premier cycle s’occupent de petits enfants », explique une enseignante gréviste à Saoula.
D’autres corporations vont bientôt entrer en scène. Les travailleurs algériens ont semble-t-il décidé de réclamer des droits plus importants. « Nous voulons nous sentir Algériens à part entière. Alors qu’on nous demande de faire des efforts et d’accepter nos conditions de travail, nos responsables ont des statuts dont rêveraient des élus et des hommes politiques des pays développés », dit un syndicaliste du secteur de l’Education.
Saïd Ibrahim

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