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Elections canadiennes : Un gouvernement minoritaire et un pays divisé

Le Parti libéral de Justin Trudeau a remporté les élections fédérales canadiennes du 21 octobre dernier sans obtenir de majorité absolue. Le chercheur en géopolitique Adlene Mohammedi revient sur les résultats de ce scrutin, notamment au Québec

Justin Trudeau conserve son poste de Premier ministre du Canada malgré un bilan mitigé et plusieurs polémiques. Son concurrent conservateur, Andrew Scheer, était probablement trop terne – et trop transparent lors des débats – pour l’inquiéter. A gauche, les néo-démocrates se sont écroulés et ont perdu la quasi-totalité de leurs sièges québécois. La campagne pleine de bons sentiments de Jagmeet Singh n’a pas séduit.

Trudeau n’a pas la majorité absolue et se contentera donc d’un gouvernement minoritaire. Les 157 élus libéraux (contre 121 pour les conservateurs) devront ainsi convaincre les autres formations à Ottawa, notamment les 24 députés néo-démocrates susceptibles d’apporter un appui «progressiste» qui permet d’atteindre la majorité absolue. Trudeau devra donc gouverner en marchant sur des œufs. Au Canada, la division n’est pas seulement politique, elle est aussi géographique.

Un Canada divisé

Plusieurs commentateurs des élections canadiennes ont parlé de «balkanisation». Tandis que l’ouest canadien (notamment l’Alberta, le Saskatchewan et le Manitoba) a massivement voté pour les conservateurs (la Colombie-Britannique se distingue par un vote plus «progressiste»), les libéraux dominent à l’est du pays (notamment en Ontario).

Si le mot «balkanisation» semble excessif et si cette division mérite d’être nuancée (la Colombie-Britannique et l’Ontario accueillent toutes les couleurs politiques et le mode de scrutin – uninominal majoritaire à un tour – ne permet pas une réelle représentation), les points de vue semblent difficilement conciliables sur certains sujets : certains veulent plus d’oléoducs, d’autres n’en veulent pas.

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