ORAN

Le bras de fer entre les entreprises de collecte et les communes perdure : Oran toujours noyée dans les ordures

Plus que 15 mois seulement séparent la capitale de l’ouest algérien de la 19e édition des Jeux méditerranéens prévue l’été 2021. La course contre la montre a bel et bien commencé.
De grands chantiers sont en cours et des projets structurants sont en voie de réception, notamment dans les secteurs des Sports et du Tourisme. Cependant, la seconde grande wilaya du pays fait face à un problème monstre mais d’un autre ordre. Oran n’arrive pas encore à maîtriser la gestion de la collecte de ses ordures ménagères. Depuis des jours, voire des semaines pour certaines agglomérations, des tas d’ordures envahissent presque tous les quartiers notamment au niveau de la commune de Bir El Djir. Le même décor est offert avec des dizaines de sachets pleins d’ordures, certains éventrés, à chaque coin de rue. Les services d’hygiène relevant des communes font ce qu’ils peuvent mais se trouvent dépassés à cause du mouvement de protestation entamé, depuis déjà des semaines ici et là, par les entreprises privées chargées de la collecte des ordures. Les travailleurs de ces entreprises réclament leurs dus, certains disent être sans salaires depuis des mois. « Les communes ne les payent pas ». D’autres entreprises relevant des collectivités locales rencontrent elles aussi des problèmes. A l’instar de l’entreprise chargée de la collecte des ordures ménagères au niveau de Haï Belgaïd, qui relève de la commune de Bir El Djir. Les travailleurs de cette entreprise, qui poursuivent leur grève pour le septième jour, déclarent n’avoir pas perçu leurs salaires depuis deux mois. Ils réclament également les moyens nécessaires pour l’accomplissement de leur mission notamment en matière de sécurité, et exigent le départ de leur directeur. Ils déplorent aussi l’état des camions de collecte qui sont en panne depuis quelque temps accusant les responsables de la commission d’hygiène de leur commune de négligence. Rappelons que les travailleurs de cette entreprise, au nombre de 86, ont organisé le mois passé un sit-in devant le siège de leur entreprise à Haï Belgaïd, et ce, pour exprimer leur ras-le-bol quant aux conditions défavorables dont lesquelles ils accomplissent leur travail. Ne voyant rien venir, ils sont revenus à la charge depuis une semaine, en décidant de ne plus enlever les ordures ce qui a transformé ledit quartier en une gigantesque décharge sauvage, selon les propos des citoyens qui ne savent plus à quel Saint se vouer. Du côté des services de la commune de Bir El Djir, l’on apprend que des assurances ont été faites aux travailleurs le mois passé suite à leur premier mouvement de protestation. Il avait été convenu que les salaires allaient être versés après l’attribution d’une aide financière de 600 millions de centimes, et ce, du budget supplémentaire de la wilaya. La procédure de l’octroi de cette aide est en cours, a-t-on assuré de même source. L’entreprise en question dispose d’un budget annuel de fonctionnement de 5 milliards de centimes, a-t-on ajouté de même source qui a fait état d’une mauvaise gestion de la part des responsables concernés. S’agissant de la revendication du départ du directeur de l’entreprise, la même source a expliqué que celui-ci a été choisi par les travailleurs eux-mêmes après l’arrestation de l’ex P/APC qui l’avait démis de ses fonctions. Les responsables de la commune déclarent ne pas comprendre ce changement d’avis des travailleurs qui réclament également de travailler avec le système de tonnage comme les entreprises privées à condition de maintenir la subvention de l’Etat, chose impossible à concrétiser, a indiqué la même source en expliquant que les travailleurs doivent choisir soit de continuer à travailler avec l’ancien système, c’est-à-dire que leur entreprise relève des services de la commune et bénéficie de son budget de fonctionnement, ou de travailler avec le système de tonnage comme les entreprises privées. L’association des deux systèmes n’est pas possible, a précisé la même source. Pour remédier à la situation qui perdure depuis près d’une vingtaine de jours, les services de la commune de Bir El Djir ont fait appel à l’Epic propreté d’Oran pour l’enlèvement des ordures qui jonchent les quartiers, en vain. Il faut dire aussi que l’incivisme de certains citoyens a aggravé la situation. Il est utile de noter également dans ce cadre d’idées que la situation dans cette commune est semblable à celle constatée au niveau d’autres communes notamment celle du chef-lieu de la wilaya où l’image des tas d’ordures à chaque coin de rue est devenue presque habituelle car ces bras de fer entre les entreprises de collecte et les services communaux sont très souvent d’actualité. Les citoyens se disent las et ne savent plus quoi faire ou penser.
B Samira

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