ORAN

Célèbre journaliste de la guerre de libération nationale : Aïssa Messaoudi, une voix plus percutante que les balles

M.A. Jalil

La célébration aujourd’hui du 57ème anniversaire du recouvrement, le 28 octobre 1962, par l’Algérie, de la Radio et la Télévision Algérienne, nous mène à évoquer la mémoire du célèbre journaliste de la guerre de libération nationale, Mohamed Aïssa Messaoudi. Celui qu’on connaissait par ‘La voix de l’Algérie libre’ est né le 12 mai 1931 à Oran. Il a appris la langue arabe dans les écoles coraniques avant de rejoindre la Zitouna à Tunis où il a obtenu le diplôme El Ahlia en 1956. Devoir patriotique oblige, il rejoint les rangs de la révolution où il a participé aux côtés de ses compagnons au lancement de Saout El Djazaïr (la voix de l’Algérie) à Radio Tunis, après il rejoint la radio secrète du Front de libération nationale, appelée « La voix de l’Algérie libre » (saout El Djazair el horra). Il retourne à Tunis pour diriger ‘La voix de l’Algérie’ (Saout El Djazaïr) à partir de Radio Tunis. Son activité avait un impact extraordinaire sur le moral des troupes de l’Armée Nationale Populaire et du peuple algérien par sa voix grave, portante et pénétrante mais aussi pour ses réactions stridentes, coléreuses quand il s’agissait de commenter des événements politiques ou des opérations militaires menées par les moudjahidine sur le sol algérien, une voix, de l’aveu du défunt Président Houari Boumediene, «qui représentait à elle seule une wilaya des willayas de la révolution». Après l’Indépendance, Aïssa Messaoudi a occupé plusieurs fonctions. Il a été le premier Directeur Général de la RTA de l’Algérie indépendante, Directeur Général du quotidien Echaab. Il a été nommé aussi ambassadeur dans plusieurs capitales arabes et asiatiques. L’apport de Aïssa Messaoudi à la révolution armée était considérable, c’était une voix intense qui a mobilisé les moudjahidine, remonté le moral du peuple algérien face aux campagnes de propagande menées par la France coloniale. Sa voix était plus percutante que les balles et attisait la flamme du patriotisme et du nationalisme. Un documentaire télévisé a été d’ailleurs réalisé à l’occasion du 40ème anniversaire de l’indépendance nationale, consacré à la guerre des ondes durant la révolution armée et les conditions de création de la radio Saout El Djazaïr. Le documentaire, réalisé par le journaliste Hamou Abdelkedouss, comporte notamment des témoignages de responsables de la radio tunisienne qui diffusait les programmes de la radio de l’Algérie en lutte ainsi que des extraits de programmes et de commentaires du défunt Aîssa Messaoudi. Militant actif du MTLD, il est nommé, en 1956, président de l’Union des étudiants algériens. A la création de Saout El Djazaïr, il devient journaliste et commentateur et se distingue par sa voix de ténor et ses émissions mobilisatrices captées dans tous les foyers algériens. A Oran, une place, située face aux sièges de la télévision et de la radio nationales, immortalise depuis quelques années son nom. Aïssa Messouadi est décédé en 1994, des suites d’une longue maladie. Il aura marqué l’histoire à jamais avec sa voix puis avec son activité dans le domaine journalistique et diplomatique.

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