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Constantine : Journée d’étude sur la gestion des déchets hospitaliers

L’analyse des effluents liquides des hôpitaux, considérés comme un danger majeur pour l’environnement, demeure le « maillon faible » du processus national de gestion des déchets hospitaliers, a estimé jeudi à Constantine Pr. Mohamed Belmahi chef de service de toxicologie au Centre hospitalo-universitaire CHU Benbadis, au cours d’une journée d’étude intitulée « Médias et défis environnementaux », initiée par l’association des journalistes de Constantine (AJC).
« La gestion des déchets hospitaliers est examinée jusqu’à présent du point de vue des déchets solides et les effluents liquides ne sont pas encore à l’ordre du jour de ce processus national visant à lutter contre la pollution causée par les déchets hospitaliers et par ricochet, préserver la nature », a souligné le même spécialiste qui a présenté à cette occasion les résultats d’une étude de terrain sur ce sujet effectuée par le laboratoire de toxicologie du CHU de Constantine.
Selon cette étude, le taux de nitrite, un paramètre important de déclassement des cours d’eau s’élève à 0,12% à Oued El Athmania et à 0,11% à oued Boumerzoug, alors que le taux de nitrate, un ion polyatomique dangereux pour l’organisme est de l’ordre de 12,25% dans le cours d’eau de Hamma Bouziane, de 3,9% à Oued El Athmania et 2,05% dans l’oued Boumerzoug, a indiqué le professeur Belmahi.
La concentration en nitrate dans le végétal est de l’ordre de 71,05% dans le poivron et 17,8% dans la tomate, a souligné le même spécialiste qui a appelé à une prise de conscience sur cette question menaçant la vie humaine.
Les hôpitaux utilisent pour leur hygiène de grands volumes d’eau qui se trouvent ensuite rejetés, chargés de micro-organismes dont certains sont multi-résistants et des produits chimiques souvent toxiques et parfois radioactifs, a souligné le même spécialiste qui a mis l’accent sur la dangerosité de ce « procédé » pour la santé publique et pour la nature.
L’évaluation du degré de la pollution atmosphérique à Constantine a été orientée par la poussée excessive des fréquences de l’asthme et d’hospitalisation aigues, a souligné le même responsable affirmant que la source de pollution industrielle de l’atmosphère à Constantine reste la cimenterie de Hamma Bouziane et les centres d’incinération.
Mettant l’accent sur l’importance de la sensibilisation dans la lutte contre le phénomène de la pollution affectant l’air, le sol et des ressources hydriques, le même intervenant a conclu en disant que « puisque le problème de la pollution est causé par une infinité de gestes insignifiants, la solution passe par une infinité de petits gestes ».
Estimant que la pollution est une modification défavorable du milieu naturel, le représentant du ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables, Abdallah Benyoucef a rappelé dans son allocution les mesures d’intervention et de lutte mis en œuvre par le ministère en vue de maîtriser les techniques de gestion des déchets.
Dans son intervention, Ouarda Nouri, membre de l’AJC qui a abordé la question des sujets environnementaux dans la presse et les sources d’information, a déploré le fait que cette question soit traitée de manière « platonique » faute, a-t-elle estimé « de formation spécialisée et continue en la matière ».

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