SOCIÉTÉ

36e marche pacifique à Alger : Préparation de la manifestation du 1er novembre


Les marcheurs de vendredi dernier avaient tous l’esprit ailleurs. Ils préparent déjà la 37e marche qui coïncidera avec le 1er novembre.
La marche citoyenne de vendredi dernier a revêtu un caractère particulier. Une ambiance inhabituelle a régné sur la manifestation dès les premières heures de la journée. Tout en réclamant une réforme profonde de la politique, de l’économie et de la politique sociale en Algérie, les participants scandaient des slogans à la gloire de la Révolution du 1er novembre 1954. « Nos parents et grands-parents ont réussi à arracher l’indépendance totale du pays après presque 8 ans d’une révolution exemplaire. Malgré la mort, la torture et la prison, nos aïeux n’ont pas baissé les bras. Nous sommes fiers d’être les descendants de ces femmes et de ces hommes qui ont fait plier la 4e armée mondiale à l’époque. A notre tour de lutter pour une Algérie où tous les citoyens auront les mêmes droits et aussi les mêmes devoirs », dira la petite-fille d’un Chahid tombé au champ d’honneur en 1958 à l’Est de l’Algérie. « Mon grand-père est mort sur les frontières avec la Tunisie. Nous sommes originaires de Berrouaguia et mon grand-père est mort avec d’autres Chouhada de Kabylie et de Blida. Ils étaient partis pour chercher des armes pour les maquis algériens », ajoute cette dame qui n’arrive pas à retenir ses larmes, car aujourd’hui « des personnes malintentionnées veulent diviser les Algériens ».
Les marcheurs de ce vendredi sont venus battre le pavé pour préparer la grande parade prévue pour le vendredi 1er novembre 2019. La prochaine manifestation sera grandiose et à la hauteur de l’événement qui est le 64e anniversaire du déclenchement de la révolution de libération nationale. « Nous sommes sortis comme les 35 fois précédentes aujourd’hui. Par contre nous préservons nos forces pour le grand événement de vendredi prochain », dit un jeune homme de la Casbah d’Alger. Les jeunes tiennent à faire de la marche du 1er novembre un événement libérateur. « Nous aspirons à une Algérie prospère. Nous avons des ingénieurs, des scientifiques et des techniciens par millions. Ils sont au chômage. Nous voulons qu’ils servent le pays qui les a formés au lieu de faire appel à des étrangers pour réaliser les nouvelles infrastructures du pays. Nos ingénieurs sont capables, il faut leur donner les moyens. Il faut se soigner en Algérie aussi », dit une jeune pharmacienne en chômage justement.
Les Algérois ont déjà commencé les préparatifs pour la réussite de la 37e marche. Des comités d’organisation sont installés dans les différents quartiers de la capitale. Il faut bien accueillir les citoyens qui viendront des autres wilayas. « Pour les femmes, des appartements seront mis à la disposition des familles où elles trouveront le gîte et le couvert. Pour les jeunes, ce sera plus facile. S’il fera beau, nous passerons la nuit dehors à actionner des pilons en bronze de nos aïeux. Le pilon est le symbole de notre révolution. Nous réduirons en poussière les ennemis de l’Algérie », dit un jeune de Bab El Oued. Il est interpellé par un septuagénaire : « Les femmes de la Casbah battaient le pilon et poussaient des youyous les nuits où il y avait les exécutions des martyrs. C’était leur manière pour les accompagner à la guillotine ». L’homme s’arrête car un sanglot l’empêche de continuer. Son oncle a été exécuté à l’âge de 21 ans. Son petit-fils, âgé de 10 ans, serre son grand-père et lui demande ce qu’il a : « Ce n’est rien, j’ai eu juste le souvenir de mon oncle ».
Saïd Ibrahim

Leave a Reply