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Sahara occidental : Washington propose de proroger le mandat de la Minurso d’une année

Les Etats-Unis viennent de soumettre au Conseil de sécurité leur projet de résolution sur la Minurso, proposant de proroger le mandat de la mission onusienne d’une année en l’absence d’un envoyé personnel pour relancer les discussions sur le règlement du conflit au Sahara occidental.
La délégation américaine à l’ONU, porte-plume des résolutions sur le Sahara occidental, a suggéré de renouveler le mandat de la Mission pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental jusqu’au 31 octobre 2020.
L’administration américaine avait auparavant appuyé fermement des renouvellements de six mois afin de mettre la pression sur les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, pour revenir à la table des négociations.
Washington, semble accorder le temps qu’il faut au prochain envoyé personnel du SG de l’ONU pour remettre le processus de paix sur les rails après la démission de l’ancien envoyé personnel, Horst Kohler.
La première mouture du projet réitère, à ce propos, le « ferme appui » du Conseil de sécurité aux efforts du secrétaire général et de son prochain émissaire pour le règlement du conflit au Sahara occidental.
Il réaffirme en outre l’engagement de l’instance suprême de l’ONU à assister les parties au conflit pour parvenir à une solution mutuellement acceptable qui pourvoit l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, soulignant que le règlement de ce conflit de longue date contribuerait à la stabilité de la région.
Insisstant que le statut quo au Sahara occidental est « inacceptable », le projet américain relève que des progrès dans les négociations sont nécessaires pour améliorer la qualité de vie des Sahraouis sous tous ses aspects.
Cette première mouture appelle également les parties au conflit à reprendre les négociations sous les auspices de l’ONU de bonne foi et sans pré-conditions, en vue de parvenir à une solution garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Réaffirmer la liberté d’action de la Minurso
Le projet américain qui a accueilli favorablement la dynamique insufflée par les deux tables rondes organisées par Horst Kohler, note l’attention de l’ancien émissaire de tenir une troisième table ronde en vue de préserver l’élan de Genève.
Les Etats-Unis n’ont pas manqué, par ailleurs, de réitérer l’importance du rôle joué par la Minurso sur le terrain et la nécessité pour la mission onusienne de s’acquitter de son mandat, y compris de prêter assistance au prochain envoyé personnel.
Cette reconnaissance est un rappel du rôle crucial de la Minurso dans le processus de paix, alors que le Maroc continue d’entraver sa liberté d’action.
Le SG de l’ONU a eu à déplorer ce blocage dans son nouveau rapport sur le Sahara occidental lorsqu’il a affirmé que le Maroc privait la Minurso d’accéder aux interlocuteurs sahraouis dans les territoires occupés.
Ces restrictions nuisent à « la capacité de la mission de recueillir des informations fiables, d’évaluer la situation dans sa zone de responsabilité et d’en rendre compte (…) et entrave également la Minurso dans l’exécution de son mandat », a-t-il relevé dans ce rapport soumis début octobre au Conseil de sécurité.
Le Maroc impose depuis des années des restrictions à la liberté de mouvement des émissaires onusiens et des responsables de la Minurso les empêchant d’établir des contacts avec les sahraouis des territoires occupés.
En avril dernier, le SG de l’ONU a également critiqué les entraves à la liberté d’action de la Minurso qui l’ont empêché de prêter assistance à Horst Kohler, alors que ce dernier avait demandé au chef de la Minurso, Colin Stewart, de l’aider à maintenir les contacts avec certains interlocuteurs locaux.
Le Maroc a, par le passé, adopté une approche conflictuelle avec Christopher Ross, le prédécesseur de M. Kohler, limitant sa liberté de mouvement en le déclarant « persona non-grata » dans les territoires sahraouis occupés.
Le Conseil de sécurité se réunira le 30 octobre pour l’adoption du projet américain.


Appliquer la Charte de l’ONU pour régler le conflit

Des enseignants universitaires et des sympathisants avec la cause sahraouie ont mis l’accent, à Alger, sur l’impératif pour le Conseil de sécurité et les pays influents d’œuvrer à l’application de la Charte des Nations Unies, notamment son chapitre VI pour régler le conflit au Sahara Occidental, mettant en garde contre une éventuelle explosion de la situation dans la région.
Lors d’une conférence organisée au siège du quotidien « Ech-Chaab », pour examiner les derniers développements de la cause sahraouie suite à l’adoption par l’ONU d’une nouvelle résolution qui affirme le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, le vice-président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Boudjemaa Souilah a estimé nécessaire pour le Conseil de sécurité et les pays influents de l’ONU d’œuvrer à l’application de la Charte de l’ONU, et plus particulièrement son chapitre IV pour régler le conflit au Sahara Occidental.
Mettant en garde contre une éventuelle explosion du foyer de tension en Afrique du Nord, M. Souilah a affirmé que la sérénité du peuple sahraoui et son attachement à la paix et au respect des lois régissant les relations internationales ne pourrait être interprétés comme une acceptation de la politique du fait accompli. « Ces équilibres pourraient changer et la situation dans cette région pourrait exploser », a-t-il avertit.
Le responsable s’est dit, également, « consterné » du « regard colonial » encore porté par certains pays et peuples, et ce en dépit de toutes les chartes internationales qui incriminent toute forme de colonisation et plaident pour la paix et la sécurité internationales depuis les années 1960, s’interrogeant, à ce titre, sur les entraves au règlement du « conflit au Sahara Occidental par la 4è commission de l’ONU en charge des politiques spéciales et de la décolonisation ».
Il a appelé à revoir certaines structures administratives mises en place par l’Organisation des Nations Unies pour le règlement de la question du Sahara occidental, notamment la MINURSO dans sa mission d’organisation d’un référendum d’autodétermination et de surveillance du cessez-le-feu, réaffirmant que la question du Sahara occidental « n’a jamais été une question de pays voisins ni d’édification maghrébine, mais une question aux dimensions beaucoup plus profondes ».
Pour le président du groupe d’amitié Algérie-Chine, Ismaïl Debche, il n’est pas juste de considérer la question du Sahara occidental comme un obstacle entravant le parachèvement de l’édifice maghrébin. Au contraire, l’Union maghrébine gagnerait à intégrer le Sahara occidental, a-t-il soutenu.

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